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| ADEL A. FREIHA | |
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« La Revue du
Liban
» - No 1489. Du 11 au 18 juin 1988, p. 36.
Jugeant sa convocation* comme inéluctable Adel Freiha: « La
Conférence
Internationale de paix au P.O reste soumise à des Entraves qui
retardent
sa tenue » La convocation d’une conférence internationale de paix sur le Proche-Orient est désormais inévitable. Les pourparlers vont bon train entre les deux Supergrands et le Consortium européen pour assurer sa bonne marche. Surtout que ladite conférence est considérée par les parties intéressées – à l’exception du Likoud – comme l’unique moyen pour résoudre le conflit israélo-arabe et le problème judéo- palestinien. C’est autour de ce thème que « La Revue du Liban » a rencontré M. Adel Freiha, professeur de diplomatie politique à la Faculté de droit et de science politique de l’Université libanaise. (2ème section – Jal-Dib).La conférence inéluctable - Qu’en est-il de la conférence internationale de paix au Proche-Orient ? La conférence internationale de paix sur le Proche-Orient est, désormais, un fait inéluctable. Les modalités de son applicable pratique ne sont pas, cependant, encore remplies. - Qu’entendez-vous par modalités d’application pratique ? Réunir les invités à la conférence, autour d’une même table représente un problème fondamental. Or, les relations diplomatiques entre Israël, d’une part, l’Union soviétique et la Chine, d’autre part, sont rompues, depuis1967. La Syrie n’entretient pas, aussi, relations avec l’Egypte. Israël refuse, de son côté, la représentation palestinienne au sein de la conférence. - Israël refuse-t-elle, catégoriquement, la représentation palestiniennes ? Israël accepte la représentation palestinienne à travers une délégation jordano-palestinienne conjointe. Il en est de même des Etats-Unis. - L’attitude européenne est-elle similaire à celle d’Israël et des Etats-Unis ? Les pays de la Communauté économique européenne ont opté, plusieurs années auparavant, pour un choix différent. Dans une déclaration faite à Venise le 13 juin 1980, lors du sommet des chefs d’Etat et des premiers ministres européens, les neuf membres de C.E.E. ont affirmé le droit à l’autodétermination du peuple palestinien et la reconnaissance de l’organisation de libération de la Palestine (O.L.P.) comme l’unique représentant des Palestiniens aux négociations de paix. - Y-a-t-il d’autres positions officielles de la part de l’Europe ? Le « rapport Thorn » (du nom de Gaston Thorn, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg et président du Conseil européen, en 1984), publié en décembre 1980, a établi les moyens pratiques pour l’application des principes énoncés à Venise ».
- La déclaration de Venise et le rapport Thorn ne relèvent-t-ils pas un peu du passé ? La Communauté économique européenne a adopté une attitude complémentaire à la déclaration de Venise et au « rapport Thorn », lors de sa réunion, le 23 février 1987, à Bruxelles, au palais d’Egmont. Dans la déclaration de Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères se sont déclarés favorables à la convocation d’une conférence internationale sur la paix au Proche-Orient ». - Les Européens n’ont-ils pas pris une position commune en faveur d’une conférence de paix, avant la déclaration de Bruxelles ? C’est la première fois que les Européens prennent une telle position. - Quel est le contenu de la déclaration de Bruxelles ? Les douze pays de la C.E.E. se montrent favorables à associer les cinq pays membres permanents du conseil de sécurité de l’Organisation des Nations -Unies (Etats-Unis, Union soviétique, Chine, Grande-Bretagne, France) au règlement du conflit israélo-arabe, aussi bien que les parties concernées par le conflit du Proche-Orient, y compris l’organisation de libération de la Palestine.
- Le Liban fait-il partie des pays concernés par le conflit ? L’Egypte, la Jordanie, la Syrie et Israël sont les pays de la région concernés directement par le conflit, du fait de leur participation aux deux guerres régionales de 1967 et 1973. Le Liban fait, aussi, partie des pays concernés par le conflit, quoique n’ayant pas participé à ces deux guerres. - La déclaration a-t-elle reçu l’appui nécessaire des parties intéressées ? Plusieurs responsables intéressés par le conflit ont approuvé la déclaration de Bruxelles du 23 février 1987. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Chadli Klibi, s’était rendu le 3 février 1987, à Bruxelles, pour s’informer du texte de la déclaration. Le ministre des Affaires étrangères du Koweït en a approuvé le contenu. Il en est de même du Secrétaire d’Etat américain George Shultz qui avait reçu, le 4 février 1987 à Washington, M. Léo Tindenmans, président du Conseil européen. Celui-ci lui a rendu compte de la déclaration, en voie d’élaboration. - D’autres responsables concernés par le conflit, ont-ils approuvé la déclaration ? Le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Pérès a accordé son appui à la déclaration de Bruxelles, ainsi que le ministre jordanien des Affaires étrangères, Taher Massri. Le directeur de la section politique de l’O.L.P., Farouk Kaddoumi, a été, pour sa part, le premier responsable à réagir en faveur de la déclaration, encourageant la convocation d’une conférence internationale.
- L’Union soviétique n’a-t-elle pas adopté une position envers la déclaration ? « L’Union soviétique a toujours voulu jouer un rôle dans la région. La déclaration de Bruxelles qui l’associe au règlement du conflit israélo-arabe, ne pouvait que la satisfaire. Dans cette perspective, le leader soviétique Mikhaël Gorbatchev a adressé un message au président du conseil des ministres des Affaires étrangères de la C.E.E., lors de la réunion de Bruxelles, le 23 février 1987, appuyant l’initiative européenne ». « Oui. Le message du secrétaire général du parti communiste de l’Union soviétique, Mikhaël Gorbatchev est, en même temps, une reconnaissance de fait de la C.E.E., Moscou n’ayant pas établi de relations diplomatiques avec les « Douze ».
La position du Kremlin serait-il consolidée au P.O. - La participation soviétique à la conférence apportera-t-elle un gain politique au Kremlin ? « L’Union soviétique est déjà installé au Yémen -Sud. Elle est liée à la Syrie, à l’Irak et à la Libye par « le traité d’amitié et de coopération ». La participation soviétique à la conférence consolidera la présence du Kremlin dans ces trois pays et donnera une impulsion à la diplomatie soviétique dans la région du Proche -Orient, quoique l’Union soviétique ait perdu du terrain en Egypte. - Quel est le rôle des Nations -Unies dans l’accélération du processus de paix? La conférence internationale se réunira sous les auspices des Nations- Unies et avec la participation des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Le rôle des Nations- Unies dans le processus de paix au Proche-Orient demeure insuffisant. L’accélération du processus de paix étant pris en charge par les deux Supergrands et la Communauté européenne. - Quels sont les obstacles qui entravent le processus de paix au Proche-Orient? Le
processus de paix reste soumis à des difficultés qui retardent sa
réalisation.
Le « Likoud », rassemblement du parti Hirout et des partis
religieux,
s’obstine à engager des conversations directes avec chacune des
parties
concernées par le conflit, même à l’intérieur de la
conférence. La question
de Jérusalem demeure sans solution, les autorités israéliennes
refusant
l’internationalisation de la Ville- Sainte. Les garanties de
sécurité
relatives à l’Etat d’Israël ne sont pas encore
réalisées. * Deux conferences israélo-palestiniennes ont eu lieu respectivement le 30 octobre 1991 à Madrid et le 17 et 18 septembre 1993 à Oslo. |
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