| Il m'est difficile de faire de l'éloge funèbre. Je n'avais pourtant pas le choix.
Lorsque je l'ai rencontré , en 1969, rue Huvelin, en troisième année de science politique, c'était foudroyant. Le Chargé d'enseignement qu'était Antoine Azar émettait des idées qui étaient miennes, dès l'adolescence. Etat parlementaire centralisé déconcentré, symbiose communautaire, osmose
islamo-chrétienne, appartenance du Liban à son environnement, ouverture à l'Occident, neutralité dans les conflits inter-arabes. Des conceptions qui m'étaient propres et qui m'ont attaché à l'homme, durant les seize années écoulées. L'auteur de la « Genèse de la Constitution de la Ve République » (LGDJ) était d'une intégrité à toute épreuve et d'une probité morale exemplaire. Linguistique chevronné, Antoinze Azar avait le goût de |
l'esthétique. Fanatique de belles œuvres, il était attiré par les travaux qui demandent patience et exigent de l'effort, ceux taillés par les « Capucins », les œuvres d'art.
Spécialiste des Institutions politiques libanaises, il estimait – contrairement à Chiha – le rétablissement d'un sénat communautaire comme indispensable pour le fonctionnement régulier de la vie politique et une institution modératrice pouvant jouer le rôle d'un « pouvoir neutre » . La plupart de ses écrits ont convergé dans ce sens.
La Science politique libanaise perd en lui un membre qui a tissé avec affection des liens avec les « jeunes loups » (Kheir, Messarra, Anhoury, Salem).
Avec sa disparition, je regrette le père, l'ami, les concepts.
Adel A. FREIHA
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